22 février : Notre frère Anselme émet se vœux solennels. Notre Père Prieur bien affaibli assiste à la cérémonie depuis le transept. Outre la famille de notre frère plusieurs prêtres de Suisse sont présents.
28 février : Nous apprenons le décès du T.R.P. Gérard Calvet et nous chantons le Subvenite pour le repos de son âme.
4 mars : Premier jour de neige de cet hiver. Cela ne décourage pas nos frères étudiants qui avaient prévu une grande sortie ce jour-là.
5 mars : Notre Père Prieur reçoit le saint Viatique qui lui est porté solennellement en présence de toute la communauté. Il nous adresse à cette occasion une brève exhortation sur la charité fraternelle, clé de la vie monastique.
7 mars : Comme le veut la coutume le Père Maître des études célèbre la messe de S. Thomas d’Aquin et adresse à la communauté un sermon sur le docteur Angélique, dont il met en évidence l’amour de l’Eglise.
8 mars : Notre Frère Anselme reçoit le sous-diaconat à Ecône.
9 mars : à 18h.50, en présence de toute la communauté, notre Père Prieur rend son âme à Dieu.
15 mars : Les obsèques de notre Père Prieur sont célébrées par S. Exc. Mgr de Galaretta en présence d’un grand concours de prêtres, religieux et fidèles. Il repose désormais près du sanctuaire de notre église conformément à sa volonté.
Le soir du 9 mars 2008, premier dimanche de la Passion, le T.R.P. Ange, prieur du monastère Notre-Dame de Bellaigue, rendait son âme à Dieu entouré de la prière et de l’affection de ses moines.
José Antônio Araujo Ferreira da Costa, né le 6 juin 1965 à la commune de Volta Redonda au Brésil, était le septième des huit garçons du foyer des Ferreira da Costa que une petite fille viendra compléter quelques années plus tard.
De son enfance en contact avec la nature du pays natal, il gardera pour toujours l’amour des animaux. Il n’était pas rare de trouver le jeune José Antônio s’ingéniant à soigner les jambes cassées des oiseaux tombés de leurs nids à l’aide d’allumettes…
Il avait déjà commencé ses études en zootechnie, quand son cousin le R.P.Thomas d’Aquin, envoyé par le monastère du Barroux, fondait Santa Cruz à Nova Friburgo.
Après un bref séjour en France lui permettant de connaître davantage la vie monastique, José Antônio demanda son admission au monastère de Santa Cruz en 1987 où il avait été précedé du futur fr.Jean-Baptiste. Ainsi s’ouvrait le noviciat de la fondation brésilienne.
Le 18 mars 1988, fr.Ange reçoit l’habit bénédictin. En ses temps héroïques où la communauté en fondation ne béneficiait pas d’éléctricité, et d’autres conforts de la vie moderne, il fallait du courage pour tenir bon et de pas mal d’imagination aussi pour trouver solution aux problèmes techniques de toutes sortes qui se présentaient.
Le 29 avril 1990, dimanche du Bon Pasteur, ont lieu les premières professions religieuses de Santa Cruz. Destiné au sacerdoce, fr.Ange fera ses études au Séminaire de La Reja en Argentine.
Monseigneur Licínio Rangel se rend au monastère accompgné de plusieurs de ses prêtres pour lui conférer le sacerdoce en la fête de Notre Dame de Lourdes, le 11 février 1995. P.Ange remplira diverses fonctions dans la communauté jusqu’en 1999.
En août 1999, après la messe conventuelle, les moines de Santa Cruz ont conduit en procession jusqu’aux portes du monastère leurs frères qui partaient en France. Le nouveau prieur tenaient entre ses mains la croix de fondation sur laquelle il avait fait graver : ave crux, spes unica.
Installés d’abord à Vérac, les bénédictins se sont transferés à Bellaigue le 14 octobre 2000. P.Prieur à sa première messe au monastère le lendemain nous faisait remarquer
l’heureuse coïcidence de la liturgie de ce dix-huitième dimanche après la Pentecôte : ancienne messe de Dédicace où il est question de la joie de se rendre à la maison du Seigneur.
Les vocations sont venus nombreuses pour chercher Dieu sous sa paternelle direction : «vivez à l’intérieur de vous même, de l’intérieur de vous même, c’est-à-dire de la vie du Christ.» Homme de prière, âme profondément intérieure, sa vie rendait en toute simplicité le plus pur témoignage à son enseignement.
A la Semaine Sainte de 2007, les premières douleurs au foie se sont fait sentir. Suite à des analyses de sang et à une échographie, le 17 mai, lendemain de l’Ascencion, un cancer au foie déjà avancé a été découvert. Des analyses postérieures ont précisé qu’il s’agissait d’un cancer au pancréas qui avait des métastases au foie et au péritoine.
« Circonstance déplorable ? Non. Le plan divin est parfait. C’est même opportun et convenable que pour le bien du troupeau, Dieu sacrifie son pasteur. » P.Prieur reçoit alors le sacrement d’extrême onction en présence de ses fils.
Le 29 février 2008, son état s’est aggravé sensiblement. Le saint viatique lui a été ministré selon le rite monastique le mercredi 5 mars. Toute la communauté s’est rendu processionellement à sa cellule. Après avoir renouvellé ses professions religieuse et de foi, P.Prieur ayant communié a exhorté ses moines à garder fidèlement la clef du mystère de leur vocation monastique : la charité. « Filioli, diligite alterutrum » nous dit-il trois fois, puis il congediat les frères par sa bénédiction.
Dans l’après midi il rentra en clinique pour son traitement hébdomadaire. Il revint en ambulance le samedi suivant suite à une grave rechute.
Avant les complies, la communauté s’est rassemblée autour de son lit pour chanter l’hymne vexilla Regis de la liturgie du temps de la Passion dont nous avions déjà chanté les premières vêpres du dimanche. N’ayant plus la force de lever le bras pour nous bénir, un des ses fils lui prit la main et traça avec elle le signe de la croix. Il nous fit un beau sourire. Ce fut sa dernière bénédiction.
Dimanche matin, le premier de la Passion, P.Prieur a pu encore communier. Sa respiration se faisait de plus en plus lente et rare. Vers 9 heures nous nous sommes réunis auprès de lui pour les prières des agonisants, il avait perdu conscience.
Au début de l’après midi, il a récupéré partiellement coscience. Les moines priaient constamment auprès de lui. Après diner deux frères se sont rendus à sa cellule pour remplacer ceux qui le gardaient, il venait d’expirer.
La communauté fut convoquée et nous commençâmes les prières rituelles. Son visage avait pris une expression très paisible, enveloppé dans les plis de sa coule monastique, notre père semblait à peine dormir.
Nombreux furent les amis présents aux funérailles célébrées par S.Exc.Mgr. de Galarreta le 15 mars. Son corps repose près du chœur des moines dans l’église du monastère. En ce samedi de la Passion nous lisions à l’évangile de la férie : « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruit…si quelqu’un veut me servir, qu’il me suive, et où je suis, là aussi sera mon serviteur. »