Médaille de Saint Benoît

Histoire De L'Abbaye

XIè siècle : Avant l’arrivé des cisterciens, Bellaigue était un prieuré dépendant de l'abbaye bénédictine de Menat. Il aurait été fondé par Odon de Montluçon en 950. Cependant on ne possède aucune donnée précise sur cette période.

1136 : L'évêque de Clermont tranche en faveur du prieuré un litige opposant ce dernier à son abbaye-mère, à propos de leurs possessions respectives. Bellaigue prend son indépendance vis-à-vis de Menat.

1137 : Des moines de Montpeyroux viennent réformer le monastère et le placer sous la règle cistercienne. Voici sa filiation : Cîteaux ? Bonnevaux (diocèse de Vienne, 1119) ? Montpeyroux (diocèse de Clermont, 1126) ? Bellaigue (même diocèse). C’est l’époque de la pleine expansion de l’ordre cistercien, grâce à la vigoureuse impulsion donnée par Saint Bernard dans les années 1111-1115. L’église est mise en chantier en même temps qu’à Clairvaux (1135), Fontenay ou Cîteaux (1140).

XIIè et XIIIè siècles : Apogée du monastère : nombreuses vocations témoignant de la ferveur de Bellaigue ; extension importante du patrimoine de l'abbaye. Les moines obtiennent de nombreuses dotations foncières et droits de la part des seigneurs locaux (Jaligny, Marcillat, Montaigut), et en particulier des seigneurs de Montluçon et des sires de Bourbons (dynastie des Archambaud) ; plusieurs de ces grands donateurs sont inhumés dans l'abbatiale. Les moines, conformément à la règle de S. Benoît, ont fourni un immense labeur dans le domaine agricole, et joué ainsi un rôle prépondérant dans la mise en valeur des Combrailles : défrichements, construction de « granges », de moulins, aménagement des rivières et des étangs.

XIVè - XVIIè siècles : Période de déclin du monastère, correspondant aux épreuves multipliées qui atteignent l’Europe chrétienne et frappent durement les monastères : famines, grande peste (1347-1351), guerre de cent ans, grand schisme d’Occident… Diminution du nombre de religieux (8 moines en 1486, 11 en 1529), disparition des frères Convers, abandon du faire-valoir direct et affermage des terres. Le régime de la commende - l’abbé n’est plus élu mais nommé par Rome ou le Roi - , inspiré par Grégoire XI (1370-1378) et aggravé par le concordat de 1515, produit ici comme ailleurs ses effets désastreux : rivalités entre familles pour l’acquisition des bénéfices de l'abbaye, querelles internes, misère économique et démembrement du patrimoine.

1689 (janvier) : Les bâtiments conventuels sont en grande partie détruits à la suite d'un incendie. La reconstruction, longue et coûteuse, se fait sur un plan réduit, sous l’abbatiat de l’abbé Elian (1678-1756). Les querelles entre abbé commendataire et religieux continuent ; l’abbaye, hélas, est mûre pour la liquidation.

1791 : La Révolution française entraîne la suppression du culte et la fermeture de l'abbaye, qui est mise aux enchères, comme bien national, en février. Elle est acquise par M. Tailhardat de la Maisonneuve, fervent catholique, avec l’intention de la restituer aux moines en des temps meilleurs…

Dès lors l’abbaye est utilisée à de multiples fins. L’église est affectée à des usages agricoles.

2000 (octobre) : Installation des moines bénédictins dans l'Abbaye.



Armoiries de Bellaigue