La Divine Liturgie, ou Saint Sacrifice de la Messe, a été instituée par
Notre Seigneur Jésus-Christ lors de la dernière Cène, et transmise par
les Apôtres à l'Eglise. C'est l'apôtre S.Pierre qui l'a établie à Rome:
tous doivent suivre ce que le prince des Apôtres, saint Pierre, a confié
à l'Eglise romaine, et que l'on a observé jusqu'à présent. (Innocent I,
416). Au cours des premiers siècles cette Liturgie romaine a été mise
en forme, développée et enrichie par les Souverains Pontifes. Le Pape
S.Grégoire le Grand (590-604) lui a donné sa forme définitive telle
que nous la célébrons aujourd'hui.
Quelques ajouts et modifications mineures ont été apportés au cours
des siècles suivants, en particulier des prières de l'Offertoire et les élévations
du saint Corps et du précieux Sang du Christ. Le Pape S.Pie V
n’a fait que restaurer cette Liturgie « selon l'antique règle et rite des
saints Pères. » La Liturgie est une Tradition et un héritage qui a traversé
les siècles. Personne n'a le pouvoir d'inventer ou de fabriquer une
nouvelle Liturgie.
L'Eglise romaine a d'abord célébré la Liturgie en grec, jusqu'au III°
siècle. Depuis lors, le latin a été l'unique langue liturgique en Occident,
même dans les pays non latins nouvellement évangélisés
(Angleterre, Irlande, Germanie), même dans les provinces de l'empire
romain où le latin n'était pas la langue populaire.
De même que la Liturgie utilise des objets, des vêtements et des matières
précieuses et consacrées, ainsi s'exprime-t-elle dans une langue sacrée.
Le latin a cessé d'être une langue populaire et s'est trouvé réservé
aux usages les plus dignes de l'Eglise et de la civilisation. Sa relative
immobilité, sa logique et sa beauté ont fait de la langue latine l'instrument
adéquat au service de la Tradition liturgique, dogmatique et disciplinaire
de l'Eglise d'Occident.
La Liturgie n'est pas une prière privée mais un acte officiel de l'Eglise.
Elle doit être accomplie dans sa langue officielle. Dissoute dans la
multitude des langues nationales et régionales et dans les particularismes
des communautés la Liturgie ne serait plus le signe visible d'unité
de l'Eglise universelle dans l'espace et le temps, rassemblant les hommes
de toute nations et de toute époque dans une même louange divine.
L'usage de la langue latine oblige à marquer un arrêt à l'entrée du temple
de Dieu. La langue sacrée manifeste ainsi la différence entre les
mystères de l'Eglise et toute réunion profane ou assemblée noncatholique.
Le lieu même de la célébration est sacré (sauf cas de force majeure).
Toute activité profane en est exclue. L'église est consacrée à Dieu.
Symbole de l'Eglise-Corps Mystique, l'architecture de l'église de pierre
en reflète la hiérarchie. Les diverses parties de l'édifice sont destinées
aux divers membres de l'Eglise: sanctuaire pour les officiants, choeur
pour le clergé, nef pour les laïcs. Jadis on distinguait même hommes et
femmes, vierges, pénitents et catéchumènes, ces derniers étant séparés.
Le prêtre, représentant du Christ qui est le Souverain Prêtre, est intermédiaire
entre Dieu et les hommes. C'est pourquoi il se trouve placé
dans le sanctuaire, en un lieu élevé et séparé, non pas au milieu de l'assemblée.
Il n'est pas tourné vers les fidèles mais, selon une tradition
apostolique, tous prient tournés vers l'Orient, symbole du Dieu créateur
de l'univers.