Né vers 480 dans une famille aisée de Nursie, S. Benoît est envoyé à Rome pour y faire ses études. Dégoûté par le libertinage de ses camarades, touché par la grâce, il prend le parti d'abandonner famille, maison et biens, et se retirer dans la grotte de Subiaco (environ 75 km au N-E de Rome), où il mène pendant trois années la vie difficile des ermites ; témoignage éloquent de sa ferveur et de sa précoce maturité.
Il ne peut rester longtemps caché, mais le rayonnement de sa sainteté fait venir à lui de nombreux disciples, autant paysans que nobles : beaucoup se mirent désormais à quitter le monde et à venir avec empressement se mettre sous son magistère. Quand le saint homme eut
longtemps progressé en vertus et en miracles en cette solitude, beaucoup y furent rassemblés par Lui pour le service du Dieu tout-puissant. Il les regroupe en petites colonies érémitiques pour en être le Père spirituel. Sa grande et bienfaisante influence lui attire des jalousies tenaces, qui le contraignent à quitter Subiaco. Il s'installe vers 530 au sommet de la colline abrupte du Mont-Cassin. Il commence par lutter vigoureusement contre le paganisme et le culte des idoles encore vivace, puis il inaugure un monastère de vie commune : vaste construction comprenant tout ce qui est nécessaire pour ne pas avoir à sortir. Il fait de ce haut lieu une école du service du Seigneur : zélé pour l'idéal monastique, il est un exemple vivant de l'esprit de l'Evangile, en particulier par son attachement à la tradition doctrinale, sa foi pure, son grand esprit de prière ; il enseigne l'importance primordiale de l'humilité ou cœur, qui se traduit par l'obéissance et trouve son couronnement dans une exquise charité fraternelle. Il accomplit un grand nombre de miracles, qui l'égalent aux apôtres et aux prophètes. Il rédige aussi une Règle où s'allient lucidité, sens juridique et sage discrétion : programme de vie pesé et mesuré qui, par son admirable adaptation aux besoins des âmes, fournit à tous un sûr tremplin vers la perfection chrétienne. Saint Benoît meurt en priant, le 21 mars 547.
Les indications qui précèdent, données par S. Grégoire le Grand (pape de 590 à 604) dans ses Dialogues, sont bien brèves. L'œuvre du saint fut avant tout une réforme en un temps de difficultés assez grandes : crise du monachisme occidental, qui manquait beaucoup d'unité, faute de cadres suffisants, et voyait se multiplier les moines vagabonds ; déclin de l'Empire et invasion des peuples ariens, dont l'Eglise d'Italie en particulier eut beaucoup à souffrir. Autant S. Benoît fait figure d'ancien héritant d'un long passé monastique, autant par sa législation, fruit d'une expérience très étendue, il ouvre une époque nouvelle.